L’Europe veut faire avancer le secteur naissant de “l’énergie bleue”

La Commission européenne a dévoilé lundi un nouveau plan d’action visant à faciliter la poursuite du développement du secteur des énergies renouvelables océaniques en Europe.

Un élément central de ce plan d’action sera la mise en place d’un forum sur l’énergie océanique, réunissant les parties intéressées afin de renforcer les capacités et de promouvoir la coopération.

Les ressources énergétiques océaniques disponibles dans les mers et océans de la planète dépassent nos besoins énergétiques actuels, mais aussi, d’après les prévisions, nos besoins futurs.

Elles pourraient être exploitées sous de nombreuses formes, par exemple en utilisant l’énergie des vagues et des marées. L’exploitation de l’énergie océanique permettrait de faire avancer l’UE sur la voie d’une économie à faibles émissions de carbone et de renforcer la sécurité énergétique en réduisant la dépendance de l’Union à l’égard des combustibles fossiles. En outre, l’énergie océanique pourrait contribuer à compléter la production provenant des autres sources d’énergie renouvelables, telles que l’énergie éolienne et l’énergie solaire, afin d’assurer un approvisionnement global constant d’énergies renouvelables dans le réseau. Il est également à noter que l’énergie océanique permettra de créer de nouveaux emplois de haute qualité, notamment dans les zones côtières européennes qui souffrent souvent d’un taux de chômage élevé.

L'Europe veut faire avancer le secteur naissant de "l'énergie bleue"

Le plan d’action doit contribuer à faire avancer ce secteur naissant de "l’énergie bleue" vers une industrialisation totale. L’énergie océanique couvre toutes les technologies permettant d’utiliser les énergies renouvelables de nos mers et de nos océans autres que l’éolien en mer. Son exploitation devrait contribuer à la "décarbonisation" de l’économie de l’UE et fournir à l’Europe une énergie renouvelable à la fois sûre et fiable.

"Comme le souligne notre stratégie pour la croissance bleue, les mers et les océans disposent du potentiel permettant d’engendrer une formidable croissance économique et les emplois dont nous avons tant besoin. En aidant le secteur de l’énergie océanique à se développer pleinement, nous pourrons libérer ce potentiel grâce à l’innovation tout en assurant à l’Europe une énergie propre et renouvelable" a déclaré à ce propos Mme Maria Damanaki, commissaire chargée des affaires maritimes et de la pêche.

"L’énergie océanique dispose d’un potentiel important permettant de renforcer la sécurité de l’approvisionnement. Cette communication vise à contribuer à favoriser l’innovation technologique et à atteindre les objectifs de la stratégie Europe 2020 et au-delà. La constitution d’un large éventail de sources d’énergie renouvelables, incluant l’énergie océanique, facilite également l’intégration de celles-ci dans le système énergétique européen" a ajouté M. Günther Oettinger, commissaire européen chargé de l’énergie.

Malgré son incontestable potentiel, ce nouveau secteur prometteur est confronté à plusieurs défis qu’il faudra relever pour pouvoir retirer les avantages économiques et environnementaux considérables que l’on peut attendre de ce secteur émergent et lui permettre de devenir compétitif par rapport aux autres formes de production d’électricité:

► les coûts technologiques sont élevés et l’accès au financement est difficile;

► il existe d’importants obstacles au niveau des infrastructures, tels que des problèmes de raccordement au réseau ou d’accès à des installations portuaires adaptées et à des navires spécialisés;

► des barrières administratives, telles que des procédures de licences et d’autorisation complexes, peuvent retarder l’exécution des projets et majorer les coûts;

► et il existe enfin des problèmes environnementaux, notamment la nécessité d’intensifier la recherche et de disposer de meilleures informations sur les incidences environnementales.

La stratégie de Croissance bleue européenne vise à créer une croissance économique durable et de l’emploi dans l’économie marine et maritime pour aider à la reprise économique de l’Europe. Ces secteurs économiques offrent actuellement des emplois à 5,4 millions de personnes et représentent une valeur totale ajoutée brute de l’ordre de 500 milliards d’euros. En 2020, ces chiffres devraient augmenter de près de 7 millions et 600 milliards d’euros respectivement.

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8 Commentaires sur "L’Europe veut faire avancer le secteur naissant de “l’énergie bleue”"

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Pastilleverte
Invité

Certes l’énergie “océanique” est potentiellement quasi illimitée, mais pas plus que ne l’est potentiellement l’énergie solaire (PV). Les “défis à relever” sont d’ailleurs du même ordre, dont les coûts, d’investissemnts, de maintenance et de production ne sont pas les moindres. Au final, ce sera toujours quelques %, bons à prendre (surtout en faisant abstraction du coût !). Autant que la France et l’Europe soient leaders dans ce domaine !

Stephsea
Invité
Avec deux ou trois autres “partenaires”, la France à une façade océanique de rêve pour qui s’intéresse aux EMR. Mais force est de constater que l’industrialisation de ces EMR n’existe pas en France, et ne semble pas encore réellement naissante. Il ne suffit pas de parler pour faire un enfant. Tout ce blabla est donc confit de bonne intentions, de celles dont est pavé l’enfer, bonnes intentions qui ne srvent aumieux quà la notoriété de ceux qui parlent. Pendant ce temps les institutions cencées soutenir l’industrie sont des COQUILLES VIDES, vides de compétence, vide de force, vide de financement. Pour… Lire plus »
Samivel51
Invité

Je pensais que la France avait un potentiel nettement superieur a 0.8 GW rien que dans l’hydrolien. Je me trompe?

Altair
Invité
J’ai vu des chiffres de potentiel hydrolien allant de 3 à 5 GW. Après pour pastille verte, j’ai travaillé une fois lors d’un stage sur des hydroliennes dévellopées par la boite Sabella… C’est vrai que ces EnR sont chères, on parle de les exploiter dans des conditions déplorables : en mer, avec des bêbêtes qui cherchent à se mettre dans les cables (et si, ça pose vraiment soucis :)) ) les algues, le sel, l’eau, et les hydroliennes travaillent dans des courants forts et changeants. Mais elles ont l’avantage de la prédictibilité des mois d’avances par rapport aux éoliennes ou… Lire plus »
Alain-38
Invité
Ne rêvons pas : les inconvénients de cette technologie, listés d’ailleurs en fin d’article, ne sont pas un détail. Au point qu’il est possible que cette forme d’énergie ne devienne jamais rentable, en comparaison d’autres sources qui le sont comme l’hydraulique et le nucléaire. Et il serait malsain que nos gouvernants, souvent sourds aux réalités techniques et économiques, subventionnent à tour de bras ces énergies marines aux frais des consommateurs qui payent la taxe CSPE. Qu’elles fassent leurs preuves si elles le peuvent, mais de manière honnête et transparente. Aujourd’hui beaucoup de nos concitoyens sont séduits par le discours sur… Lire plus »
Dan1
Invité
A propos de CSPE, la CRE vient de sortir un nouveau document concernant le plafonnement par site : “Le taux de CSPE ayant évolué de 13,5 €/MWh en 2013 à 16,5 €/MWh en 2014, soit une augmentation de 22,2%, l’augmentation du plafond est limitée à 5%. Par conséquent, la contribution au service public de l’électricité due par site de consommation est plafonnée à 597 889 € pour l’année 2014.” Cela veut dire que pour ne pas pénaliser la compétitivité des industries électrointensives, on reporte la charge de la CSPE sur les consommateurs (et EDF via le retards de compensation). Le… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

les gros consommateurs allemands font également l’objet d’exonérations et/ou de plafonnement de leur contribution à l’EEG, ce qui fait l’objet d’une enquête de la commission pou12718r “aides d’état” depuis Décembre et qui pourrait amener l’Allemagne à amender le système. Par contre effectivement les petits et moyens payent “rubis sur l’ongle”, il n’y a pas d’accumulation de déficits.

Dan1
Invité

Tout à fait d’accord et nous l’avions déjà dit, les Allemands ne sont pas économiquement stupides, ils essaient de préserver la compétitivité en baissant les prix de l’électricité pour les industriels au détriment des particuliers. On voit d’ailleurs très bien cela chez Eurostat : Pour l’industrie : Pour le ménages : En Allemagne, la différence est flagrante et il n’est donc pas étonnant qu l’UE trouve à redire, car cela revient à subventionner l’industrie exportatrice. On verra bien si l’Europe si friande de concurrence libre et non faussée parvient à se dépêtrer de toutes les distorsions plus ou moins visibles.

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