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Mobilité urbaine : le vélo à la conquête des villes

I. Une tendance de fond : la métropolisation

Ces dernières années, la pratique du vélo à l’intérieur des zones urbaines denses a progressépresque partout en France. Sous l’impulsion des politiques publiques, des évolutions sociétales et des nouveaux services en mobilité, le vélo urbain s’impose de plus en plus comme une solution de mobilité à part entière. Malgré les limites intrinsèques à ce mode de déplacement, le potentiel reste élevé, notamment dans les grandes villes, là où les contraintes de circulation sont de plus en plus fortes. Le succès est tel qu’il oblige de plus en plus de municipalités à revoir la place offerte aux cyclistes afin d’accompagner le développement des pratiques.

II. Les raisons du succès

A l’heure du faire mieux avec moins, le vélo – avec ou sans assistance électrique – a de sacrés atouts à faire valoir pour les déplacements en milieu urbain dense. Comparativement aux transports collectifs par exemple, le vélo possède un avantage majeur : un coût kilométrique par personne transportée inférieur, en très grande partie financé par l’usager plutôt que par la collectivité (excepté le cas particulier des vélos en libre service). Même constat s’agissant du coût des infrastructures : comparativement à l’automobile, le vélo est beaucoup plus économe en voirie et en stationnnement. Etant donné le coût du foncier dans les grandes villes françaises, il est assez logique de mettre en avant les modes de transport les moins consommateurs d’espace (vélo, TC, marche à pieds) au détriment des plus gourmands (automobile individuelle). Comparativement au bus ou au tramway, le vélo offre plus de liberté et de flexibilité pour un temps de parcours origine – destination généralement inférieur. Autre chapitre sur lequel le vélo l’emporte très largement devant tous les autres modes motorisés : l’énergie.
Même en version électrique, un vélo à assistance électrique (VAE) consommera toujours 10 à 15 fois moins d’électricité par personne transportée qu’un métro ou un tramway équipé d’un dispositif de récupération d’énergie au freinage.

III. Le vélo dans le périurbain : un potentiel à exploiter

Dès que l’on quitte la ville dense et/ou que les distances commencent à s’allonger (d > 5 km), le vélo perd de son attractivité. Pourtant, même à l’intérieur des vastes espaces périurbains qui caractérisent les aires urbaines françaises, le vélo dispose d’un potentiel non négligeable pour répondre aux besoins en mobilité de nombreux citoyens. C’est notamment le cas des usagers (potentiels) des transports collectifs : en complément du train, du bus ou du tramway, le vélo est un moyen particulièrement intéressant pour rabattre les voyageurs vers des pôles d’échanges multi-modaux. Plutôt que de sacrifier d’importantes surfaces de stationnement à ciel ouvert ou d’investir dans de très couteux ouvrages en structure (parking silo, stationnement sous-terrain) pour y stationner des véhicules inutilisés une bonne partie de la journée, l’installation de parcs à vélos sécurisés peut dans certains cas de figure offrir une alternative tout à fait pertinente eu égard aux besoins des usagers.

IV. Vélorution numérique

Outre les atouts et les faiblesses précédemment cités, le vélo a un avantage majeur en tant que mode de transport : la liberté offerte àl’utilisateur. Avec le web 2.0, les citoyens sont progressivement en train de changer de statut : de simples consommateurssoumis, beaucoup ont déjà basculé dans le rôle du citoyen-acteur soucieux d’apportersa contribution, aussi modeste soit-elle, à la communauté.

De ce point de vue, le vélo est un outil très intéressant car beaucoup moins soumis aux réglementations en tout genre auxquelles les modes motorisés doivent obligatoirement répondre. Il offre donc un potentiel d’innovation considérable tant d’un point de vue matériel (accessoires) que dans les usages (gestion d’itinéraires, pratiques multimodales).

Révolution numérique, impression 3D Open Source : l’avenir n’a pas fini de nous apporter de belles surprises dans le secteur de la mobilité. Une seule exigence : faire mieux avec moins..

[ Archive ] – Cet article a été écrit par G. Porcher



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