Pour les écologistes, le Parlement Européen cède aux lobbies du nucléaire

Le Parlement européen s’est prononcé le 14 mars en faveur d’une résolution** sur les évaluations des risques et de la sûreté ("tests de résistance", stress tests en anglais) des centrales nucléaires dans l’Union européenne.

Toutes les améliorations de sûreté recommandées, suite aux tests de résistance des réacteurs nucléaires de l’UE, doivent être mises en œuvre de manière urgente, ont estimé les députés dans une résolution adoptée jeudi dernier. Ils insistent également pour que les exploitants des centrales nucléaires prennent en charge ces améliorations ainsi que les coûts dont ils sont responsables en cas d’accidents.

La présidente de la commission de l’énergie, Amalia Sartori, a demandé quelles conclusions des tests de résistance seront intégrées dans la révision prochaine de la directive sur la sûreté des installations nucléaires. Elle a également demandé des indications claires sur le calendrier et le contenu des propositions contraignantes en matière d’assurance et de responsabilité.

"Les tests ont révélé que la quasi-totalité des centrales doivent faire l’objet d’améliorations de sûreté propre à chaque site", a indiqué le Parlement, qui demande avec insistance une mise en œuvre urgente des mesures de mise à niveau. Les députés ont souhaité aussi que le groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (ENSREG) ait un rôle prédominant dans le contrôle de la mise en œuvre des recommandations, tout en soulignant que "le coût de ces améliorations, quel qu’il soit, doit être pris en charge totalement par les exploitants des centrales nucléaires et non par le contribuable".

Pour les écologistes, le Parlement Européen cède aux lobbies du nucléaire

[ Europe : réacteurs nucléaires opérationnels à janvier 2013 – src euronuclear]

Par ailleurs, le Parlement a accueilli favorablement l’intention de la Commission Européenne de proposer des instruments législatifs ou non dans le domaine de l’assurance et de la responsabilité en matière nucléaire. Les députés estiment, cependant, que "les exploitants de centrales nucléaires et les titulaires de licences de traitement des déchets nucléaires devraient disposer de moyens financiers tels que des assurances ou d’autres instruments leur permettant d’assumer entièrement les frais dont ils sont responsables au titre des dommages causés aux personnes et à l’environnement en cas d’accident".

La résolution souligne que les tests de résistance "ont un champ d’action limité" et qu’ils n’ont pas été élargis à la préparation aux situations d’urgence en dehors des sites malgré l’importance d’une telle préparation pour limiter les effets des accidents nucléaires potentiels sur la population. Dans l’Union européenne, plus de 100.000 habitants vivent dans un rayon de 30 km autour de 47 centrales nucléaires comportant 111 réacteurs, rappellent les députés.

Un amendement adopté par 315 voix pour et 282 contre souligne que les tests de résistance sont "incomplets" et que les risques tels que les événements secondaires, la détérioration du matériel, l’erreur humaine et l’existence de défauts particuliers à l’intérieur des cuves de réacteurs, n’ont pas été pris en compte. "Même si les tests de résistance ont été passés avec succès, ils ne garantissent pas la sûreté d’une centrale nucléaire", ajoute le texte.


Les eurodéputés écologistes restent opposés à cette résolution

Pour Yannick Jadot, député européen membre de la commission de l’énergie, de l’industrie et de la recherche:

Yannick Jadot"Presque deux ans jour pour jour après la catastrophe de Fukushima, alors que se multiplient les évaluations et les découvertes de plus en plus inquiétantes sur l’état du parc nucléaire européen vieillissant, les parlementaires européens, conservateurs et socialistes, continuent leur politique de l’autruche sur le risque nucléaire. Au lieu de tirer les leçons des accidents de Tchernobyl et de Fukushima, c’est l’aveuglement face au danger qui prédomine. La raison, même pour celles et ceux qui défendent la technologie nucléaire, devrait se traduire par une exigence très forte en matière de sécurité. Mais non ! Comme si sauver une industrie nucléaire en quasi faillite industrielle et financière devait se faire au détriment de la sécurité des citoyens européens. La majorité du parlement européen a donc choisi de rejeter les propositions portées par les écologistes de mettre en place une expertise indépendante des industriels et de prendre en compte la réalité des risques auxquels sont confrontés les réacteurs. Circulez, il n’y a rien à voir!".

"Le mythe du ‘zéro risque nucléaire’ est enfin tombé, a fortiori en France où le manque de transparence est la norme. Non seulement les coûts engendrés par l’entretien du parc nucléaire français n’auront de cesse d’augmenter dans les prochaines années mais en plus la France devra investir très rapidement des dizaines de milliards dans la mise aux normes minimales de sécurité. Mais bizarrement ni le rapport de la Cour des comptes sur le coût du nucléaire en France ni la récente publication d’une étude évaluant le coût d’un accident jusqu’à 5800 milliards d’euros ne semblent permettre l’émergence du débat tant les lobbys du nucléaire sont puissants et le sujet tabou. Ce sujet doit nécessairement être abordé dans le débat sur la transition énergétique et une commission d’enquête indépendante doit être mise en place. C’est un enjeu de transparence et de démocratie".

Pour Michèle Rivasi, vice-présidente du Groupe des Verts/ALE et membre de la commission de l’énergie, de l’industrie et de la recherche, la mascarade continue:

"Les résultats des stress tests ont démontré qu’aucune centrale n’était aux normes et que toutes devaient entamer des travaux d’amélioration de leur sûreté pour éviter un accident nucléaire. Cependant, les écologistes ne peuvent se réjouir des maigres leçons tirées de Fukushima. Tout d’abord, ces leçons n’intègrent qu’une partie des facteurs de risque : rien n’est précisé sur les risques d’attaques terroristes, les accidents d’avion, et l’abus de sous-traitance. Les conclusions cherchent à légitimer une industrie qui connaît pourtant une crise de notoriété sans précédent. Ces tests auraient dû logiquement conduire à la fermeture des centrales les plus vétustes – sur la base d’un calcul coût/bénéfice – mais il n’en est rien: les zélateurs du nucléaire ont donc le champ libre pour nous imposer un allongement plus que risqué de la durée de vie des centrales. Regardez ce qui se passe à Fessenheim: on va dépenser des millions d’euros pour une mise aux normes inutile, pourquoi ne pas arrêter les frais tout de suite?".

Et l’euro-députée de terminer :

"D’autre part, où est le calendrier précis des travaux à effectuer sur les centrales, les délais prévus pour cela et les coûts envisagés ? Il est nécessaire de bien distinguer les investigations réalisées sur les 134 réacteurs et les réponses qui seront apportés par les exploitants. Il est donc utile de préciser que tout le travail effectué n’est qu’une "notation" avec un plan d’action demandant une action urgente, mais que le plus gros reste à faire: la mise en œuvre des prescriptions. Deux ans après Fukushima, on ne sait toujours pas comment vont s’y prendre les exploitants!".

Une délégation socialiste française plus modérée

Catherine Trautmann"Nous défendons un rééquilibrage de notre bouquet énergétique et donc en ce qui concerne la France, une baisse de la part du nucléaire; contrairement aux Verts, nous ne sur-jouons pas la sortie au mépris d’autres impératifs environnementaux", a expliqué Catherine Trautmann.

"Soucieux de l’environnement, de l’emploi, de la compétitivité industrielle, nous avions déposé un amendement avec les socialistes européens appelant clairement à un triple objectif chiffré sur les émissions de gaz à effet de serre, les renouvelables et l’efficacité énergétique. Nous regrettons son rejet, même si ces trois éléments restent développés dans le texte" a ajouté l’élue.

"Alors que le débat sur la transition énergétique bat son plein en France, nous insistons sur la nécessité de bien combiner tous les facteurs : il faut développer les renouvelables et tout ce qui peut relativiser leur principal défaut, l’intermittence, que ce soit en matière de stockage ou de meilleures capacités de transport/distribution ; il faut s’assurer que les autres parts du bouquet énergétique ne contreviennent pas à nos ambitions en matière de baisse d’émissions de gaz à effet de serre ; à ce titre, le nucléaire est une énergie transitoire qui a encore un rôle à jouer ; l’efficacité énergétique représente une parte importante de la réponse à ces enjeux, ainsi qu’un gisement d’emplois".

"On voit d’ailleurs chez nos voisins – notamment en Allemagne – que des choix déséquilibrés entre ces trois objectifs peuvent conduire à des phénomènes de hausse d’émission de CO2, totalement à rebours de ce qui est souhaitable pour l’environnement. Cela risque d’ailleurs de nous décrédibiliser pour les prochains sommets sur le climat" a insisté l’eurodéputée.

"Enfin, je m’étonne de la position des Verts, dont le Groupe a appelé au rejet des solutions de capture et stockage de carbone (CSC), alors que le projet ULCOS I/II à Florange, qu’ils prétendent soutenir, repose sur cette technologie. La Commission européenne s’apprêtant à lancer un nouvel appel à projets de CSC (à la fois dans la production énergétique et les applications industrielles), il nous paraît peu opportun d’adresser aujourd’hui un message négatif à l’égard de cette technologie" a conclu Catherine Trautmann.

** La résolution non-législative a été adoptée par 414 voix pour, 116 contre et 37 abstentions.

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53 Commentaires sur "Pour les écologistes, le Parlement Européen cède aux lobbies du nucléaire"

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Teredral
Invité

Les interventions de Yannick Jadot et Michèle Rivasi, archi rabachées, sont comme d’habitude sans intérêt. Celle de Catherine Trautmann en revanche met en avant l’intermittence des ENR et la hausse d’émission de CO2 en Allemagne, propos nouveaux pour une représentante du PS.

Teredral
Invité

Les interventions de Yannick Jadot et Michèle Rivasi, archi rabachées, sont comme d’habitude sans intérêt. Celle de Catherine Trautmann en revanche met en avant l’intermittence des ENR et la hausse d’émission de CO2 en Allemagne, propos nouveaux pour une représentante du PS.

Allemand
Invité
Même si des centrales à charbon neuves sont réguliérement mises en service en Allemagne, globalement la transition est planifiée et cohérente et il y a à la fois sortie du nucléaire, montée des renouvelables et BAISSE des émissions de co2 !!! C’est lassant à la fin de lire partout “les allemands relancent le charbon, bonjour le co2″ ou ” pour baisser le nucléaire, ils construisent des centrales à charbon” En fait les centrales ouvertes compensent les vétustes qui ferment, et l’énergie de transition et de régulation des enr c’est le gaz en Allemagne. Evidemment pour le lobby nucléocrate français, il… Lire plus »
Dan1
Invité

A Enerzine. S’ils sont plusieurs c’est lobbies, s’il est tout seul c’est lobby. Lobbie, c’est un pluriel qui n’ose pas s’afficher.

Dan1
Invité
A Allemand. “…Les émissions de co2 sont en baisse en allemagne conformément à la volonté de ses gouvernements successifs et aux engagements du pays…” Etes-vous si sûr que les émissions de CO2 de la production d’électricité sont actuellement (fin 2012) en baisse en Allemagne, alors que la production à base de lignite et de charbon vient de remonter selon l’AGEB. Quelles sont vos sources pour affirmer cela ? “…que la France en fasse autant !!!” C’est ce quelle fait, mais n’oublions pas qu’il y a un facteur supérieur à 10 entre la France et l’Allemagne concernant les émissions de CO2… Lire plus »
Luis
Invité
¤ Pour le CO2 (CO2 équivalent en fait, avec les autres GES) en Allemagne, nous avons une diminution entre 2010 et 2012. 2010 : 944 Mt CO2eq – 2011 : 917 Mt CO2eq – 2012 : 931 Mt CO2eq Maintenant, qu’est-ce que le CO2 a à voir avec le climat ? Vous croyez encore aux sornettes et manipulations du GIEC ? Maintenant, quelle utilité de discourir sur les chiffres farfelus d’ENTSOE sur la production d’électricité en Allemagne alors que l’on trouve les valeurs exactes à la source même, en Allemagne, auprès de AGEB et de BMWi. Valeurs en TWh (brut)… Lire plus »
Dan1
Invité
“Un peu des sérieux, des chiffres.” Tiens c’est marrant, c’est exactement ce que j’ai demandé à Allemand… qui n’a pas répondu. Quand on lance un débat sur le CO2, on assume. Les chiffres de l’ENTSO-E ont été corrigés (grace à Sicetaitsimple) et en plus ils proviennent directement des Allemands ! Concernant l’AGEB vous ne donnez pas les émissions de CO2 mais la production d’origine FOSSILE, c’est à dire lignite + charbon + gaz + fioul. C’est bien mais pas suffisant pour apprécier les émissions de CO2 électrogène. En effet, il faut principalement regarder principales filières émettrices, c’est à dire lignite… Lire plus »
Bachoubouzouc
Invité

Les chiffres que vous nous indiquez (s’ils sont vrais, une source ne fait jamais de mal) montrent que la production fossile est restée à peu près constante entre 2010 et 2012, mais que du gaz a été remplacé par du charbon/lignite. Les émissions de CO2 électrogène ne peuvent donc qu’avoir augmenté, puisque le charbon émet 2 à 3 fois plus de CO2 que le gaz. Après, parler d’émissions de CO2 équivalent n’est pas bien pertinent ici, cela ne fait que noyer le CO2 électrogène parmi notamment les pets de vache.

Dan1
Invité

“…du gaz a été remplacé par du charbon/lignite.” C’est exactement ce que montre l’AGEB entre 2011 et 2012. J’irai plus loin en incluant le fioul parmi les plus polluant. 2011 2012 Charbon + lignite 262,5 276 Fioul 6,8 10 Gaz 82,5 70 En 2011, les plus polluants (charbon + lignite + fioul) représentaient 269,4 TWh contre 286 TWh en 2012 (+ 16,6 TWh ou + 6,2 %) Le gaz a baissé de 12,5 TWh soit – 15,1%.

climax1891
Invité

Le rendement moyen d’une centrale au charbon dans le monde est de 30%, 36% en Europe. Avec un rendement de 30%, une centrale au charbon émet 1,1 kg de CO2 pour 1 kWh produit. Avec un rendement de 45% et 20% de biomasse, une centrale au charbon émet environ 0,6 kg de CO2 pour 1 kWh produit. Avec Source High-efficiency coal-fired power plants development and perspectives

Luis
Invité
¤ Ce qui est réellement important, c’est l’évolution sur longue période depuis la loi de 2000 sur les énergies renouvelables et celle de 2002 sur la sortie du nucléaire. Année Nucléaire Fossiles Renouvelables Production Consommation 2000 : 169,6 : 346,5 : 37,9 : 576,6 : 579,6 (TWh brut) 2012 : 99,0 : 356,0 : 135,0 : 617,0 : 594,0 Dans le détail : Année Lignite Charbon Pétrole Gaz 2000 : 148,3 : 143,1 : 5,9 : 49,2 (TWh brut) 2012 : 158,0 : 118,0 : 10,0 : 70,0 L’ensemble lignite + charbon a donc baissé de 291,4 à 275,0 TWh,… Lire plus »
Allemand
Invité

Merci à ceux qui ont fourni les chiffres, clairs et précis, qui démontrent que la transition allemande est réelle. Il faut ajouter encore que l’effort allemand porte aussi sur l’ensemble de l’énergie et pas seulement l’électricité. Comme ils sont très industrialisés, ils consomment et polluent bien plus que nous. Mais à travail égal ou habitat égal, là encore ils sont plus efficaces.

Dan1
Invité

Effectivement, ça baisse doucement, mais pour les dernières années, il faut aussi regarder de près l’effet de la situation économique. Car on voit bien que toute amélioration provoque une reprise de la production d’électricité. A suivre.

Dan1
Invité
A chelya; “Si vous regardez la production allemande en 2012 ici vous pouvez voir que les centrales charbon tourne…pour l’exportation ! Il faudrait que les hauts fonctionnaires français qui ont balancé cette rumeur sur l’Allemagne qui sort du nucléaire avec du charbon se méfie, si l’Allemagne se décide à mettre en place des restrictions à l’export, ce n’est pas l’Allemagne qui sera dans le noir en hiver mais la France” Mouais, enfin, il faudrait peut être dire pourquoi les centrales charbon allemandes tourne pour l’exportation : Je reprends l’essentiel : “L’Allemagne est le seul pays à afficher un solde positif… Lire plus »
Dan1
Invité

A Allemand. Et vous, vous les avez les chiffres d’émission de CO2 électrogène de l’Allemagne pour 2011 et 2012 ?

Allemand
Invité
A Dan1 : je passe pas ma vie à tout noter ou retenir, et ne s’intéresser qu’à l’élec est bien restrictif ! Le seul problème critique de l’exemple allemand c’est le niveau de vie plus élevé : habitat plus performant mais effet gâché par surface plus grande ou mercedes dans le garage. Pour le reste, une démarche de transition n’implique pas que chaque année et dans chaque secteur de grand progrès soient réalisés, il peut même y avoir des périodes contre-productives. Il n’empêche qu’il y a un cap, et qu’il est tenu. Pour les chiffres, voir Luis : 16.4 Twh… Lire plus »
Leader
Invité

LUis tu déconnes de venir sur enerzyne pour montrer que le fait que l’Allemagne soit sorti du nucléaire n’est pas engendrer une augmentation des émissions de CO2. Parceque DAN 1 il passe sa vie à fournir une soupe de désinformation aux lecteurs d’Enrzyne , notamment sur le fait que les Allemands sont “vilains et pas intelligents” car ils sortent du nucléaire et ils polluent beaucoup avec leurs charbons ! Bref la plupart des lecteurs dont je fais partie préfèrent en rire … Allez on attend la réponse de “science infuse”

Leader
Invité

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Dan1
Invité
Les lecteurs d’Enerzine jugeront le niveau de désinformation de chaque contributeur, ce qu’ils ont déjà fait. Des informations : quand vous en citez plusieurs n’oubliez pas de bien séparer les mots ! Pour Allemand : j’en déduis donc que vous affirmez sans savoir car vous ne possédez pas les chiffres d’émission de CO2 de la production d’électricité allemande de ces dernières années. Selon vous en 2012, le secteur énergie électrique a émis moins de CO2 qu’en 2011, autrement dit, les 286 TWh de Lignite + charbon + fioul ont émis moins de CO2 (et autres polluants) que les 269,4 TWh… Lire plus »
Dan1
Invité
A Chelya. “C’est vrai que l’administration française est singulièrement muette sur sa stratégie de réduction des gaz à effet de serre (à part délocaliser toutes les usines en Chine…).” Manque de chance, le CO2 “importé” par la France est majoritairement… allemand à cause de son économie très carbonée : Notre empreinte carbone est alourdie majoritairement par les importations de biens allemands à l’haleine un peu trop chargée. “Il faut quand même diviser par deux les émissions du français pour qu’il arrive à la moyenne mondiale…” Vous pourriez nous dire par combien il faudrait diviser les émission per capita de l’Allemagne… Lire plus »
Leader
Invité
Dan1
Invité

A Chelya. Selon l’IEA, en 2010, s’agissant des émissions de CO2 per capita (pour la combustion d’énergie uniquement), les scores sont les suivants : Monde = 4 436 kg/personnes Allemagne = 9 315 kg France = 5 518 kg Selon ces chiffres, la France devrait donc diviser ses émissions par 1,24… en 2010. Car si ça se trouve, la moyenne mondiale a déjà rattrapé la France ! En revanche, l’Allemagne devrait diviser ses émissions par 2,1 !! Vous ne vous seriez pas trompé de pays pour la division par deux ?

Leader
Invité
Leader
Invité
“Despite initial concerns about Germany’s decision to phase out nuclear power by 2022, recent statistics as well as scenarios and political targets show that Germany has a realistic chance of fully replacing nuclear power with renewable electricity generation on an annual basis, provided that several related challenges, e.g. the expansion of the grids and provision of balancing power, can be solved successfully. By as early as 2011, the share of renewable energy sources in gross electricity generation was at 20%, which for the first time since the early years of nuclear power in Germany in the mid 1970s was higher… Lire plus »
Dan1
Invité

A Leader. Et en plus vous n’auriez pas les chiffres des émissions de CO2 2012 du secteur de la production électrique en Allemagne ?

Lionel_fr
Invité
C’est vrai qu’un objectif aussi ambitieux que la transition allemande ne peut pas aller progressivement avec une baisse annuelle régulière . Ca ne marche pas comme ça Lorsque vous restructurez une industrie pour baisser les coûts, vous mettez des milliards sur la table ! C’est exactement la même chose ici : la baisse des émissions et les démantèlements de centrales surviennent après des années d’efforts qui induisent plutôt une croissance des émissions. C’est vrai qu’ici , Dan et ses chiffres crus ne fait pas le poids. Pour faire des prévisions correctes , il faut prendre les journaux et refaire une… Lire plus »
Allemand
Invité
A dan1 : encore une fois on s’en tape de savoir si y a 100 tonnes par-ci par en plus en moins. Et sans chiffre suplémentaire il est évident qu’avec moins de lignite+charbon, même avec un peu plus de fuel ça fait moins de co2. La production d’élec comme vous le montrez par ailleurs est aussi liée au marché de ses ressources, donc on ne peut raisonner sur 2012 par rapport à 2010 par exemple, mais bien sur la direction choisie et ses conséquences à long terme. Sinon à part ça quand on a une industrie, on pollue plus que… Lire plus »
Dan1
Invité
“A dan1 : encore une fois on s’en tape de savoir si y a 100 tonnes par-ci par en plus en moins” On peut s’en taper, c’est une posture, mais il ne s’agit pas de 100 tonnes en plus ou en moins. il s’agit au total de centaines de millions de tonnes de CO2 par an dont les fluctuations font encore des dizaines de millions de tonnes. Par exemple, en Allemagne, en 2010, les dix plus grosses centrales électriques à charbon-lignite ont émis au total plus de 150 millions de tonnes de CO2 : Niederaußem = 28,1 Mt Jänschwalde =… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité
De toutes façons, sur les quelques années qui viennent, le coup est tiré. Les centrales en construction ( 5000MW ou plus?) vont être mises en service, il devrait en y avoir moins d’arrétées.Et il n’y aura aucune autre programmée (à court terme). La production fossile ne dépendra donc essentiellement (à croissance de la consommation intérieure supposée nulle) , et si on prend pour acquis le calendrier de sortie du nucléaire, que de l’accroissement des renouvelables d’une part ( à la baisse) et des imports/exports d’autre part ( à la hausse ou à la baisse). Mais 100TWh (de nucléaire) à compenser… Lire plus »
Pas naif
Invité
Nul n’est capable parmi nous de débroussailler un fatras de chiffres publiés, aisément falsifiables (comme toute statistique étatique en période de polémique), dans lesquels diverses tendances contradictoires interviennent. Un baisse de la consommation énergétique industrielle, des voitures moins polluantes, des centrales au charbon fermées et remplacées par des CCG pouraient masquer temporairement des conversions massives Nucléaire=>Lignite en cours de construction, mais ce qui reste important, c’est le moyen-long terme quand tous les petits changements de faible amplitude seront terminés. Et Alors? Construire 23GW au lignite est une injure faite à tous les efforts anti-CO² de la planète ! On traite… Lire plus »
climax1891
Invité

Comme le montre ce graphique, l’amélioration du rendement des centrales permet une baisse importante des emissions de CO2. Quel avenir pour le charbon propre avenir pour le charbon propre ; le point de vue d’un constructeur.pdf

Dan1
Invité

Pour Chelya. Vous nous dites que les centrales à lignite allemandes sont bonnes pour la casse. Soit, mais quand ? Il y a un plan de sortie du lignite en Allemagne ? Qu’en dit le RSL ? Parce que je ne voudrai pas jouer les rabat-joie, mais les centrales à lignite coûtent très cher à la société via les problèmes de santé publique : Je vais vous redonner le lien direct vers l’étude européenne “Revealing the costs of air pollution from industrial facilities in Europe” : http://www.eea.europa.eu/publications/cost-of-air-pollution/at_download/file

Luis
Invité
¤ Les vieilles centrales à charbon ou lignite sont effectivement destinées à la casse. En Allemagne comme en France et dans toute l’Europe, les centrales qui ne respecteront pas une certaine norme seront arrêtées le 31 décembre 2015. D’autres aussi avant 2020 avec de nouvelles normes plus restrictives. C’est bien pour cela que les allemands ont mis en oeuvre un plan 2005-2020 de remplacement des vieilles centrales fossiles. La capacité totale des centrales fossiles sera d’ailleurs inférieure en 2020 à celle de 2005. Rendement d’une centrale avant 1960 : 31% – vers 1970-1980 : 35-36% – vers 2000-2005 : 43%… Lire plus »
Dan1
Invité

Voici le lien vers le résumé en français : http://www.eea.europa.eu/publications/cost-of-air-pollution/presentation-des-couts-de-la Et enfin le lien vers la liste Excel des installations polluantes : Vous y verrez vos chères centrales à lignite en tête du palmarès. Y font quoi les Grünen face à cette évidence ?

Dan1
Invité
A Luis. “En même temps, avec une capture presque parfaite des oxydes de soufre, particules … c’est très peu de pollution avec les centrales récentes.” N’en faites pas trop sous peine de ruiner votre crédibilité. Je vous rappelle que déjà dans le cadre de CAFE, l’Allemagne est le pays européen le plus “atteint” par la mortalité liée aux particules (apparemment ça vient pas du diésel). L’étude “Revealing the costs of air pollution from industrial facilities in Europe” place très clairement l’Allemagne en tête de l’europe de la pollution mortifère et “Europhage”. Dans le document Excel dont j’ai donné le lien,… Lire plus »
climax1891
Invité

USC : centrale ultra supercritique CFBC : centrale à lit fluidisé A-USC : centrale ultra supercritique avancée IGCC: centrale à gazéification et à cycles combinés. IGFC : centrale à gazéification avec piles à combustible. Source High-Efficiency, Low-Emissions Coal-Fired Power Generation

Dan1
Invité
Je veux bien qu’on annule certains projets de centrales fossiles, mais ça va conduire à maintenir en service plus longtemps des centrales fossiles plus vieilles et moins performantes. Car je vois très mal l’Allemagne sortir rapidement du nucléaire (encore 100 TWh de déficit) et en même temps sortir du fossile (350 TWh de déficit). Car à ce moment là, il faudra trouver 450 TWh d’autre chose. Même en ne sortant que du nucléaire, du lignite et du charbon, c’est presque 400 TWh à trouver ! A mon avis on est pas sorti des morts de la pollution outre-Rhin (particules, mercure….).… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

J’avais complêtement oublié qu’à part les stats un peu “légères” publiées par l’ENTSO, nous avions auparavant contribué à faire baisser les émission de cette fameuse usine d’incinération Corézienne, soit près de 8MT/an!

Sicetaitsimple
Invité

C’est quoi cette histoire de marché electrique parallèle en Allemagne? Il y a peut-être quelques exceptions dont vous voudrez bien nous donner un ordre de grandeur en volume , mais sinon c’est du bon tarif d’achat à prix fixe et garanti sur 15 ou 20 ans , la seule notable différence avec la France étant que ce sont les opérateurs de réseau qui ont l’obligation d’achat et pas EDF “producteur”.

Dan1
Invité
“La question n’a jamais été coment on fait pour produire 400 TWh mais quelle quantité d’énergie on peut produire de manière soutenable et comment on s’organise pour améliorer nos conditions de vie avec ça…” Mouais, je vois bien les Allemands se satisfaire de 100 TWh d’électricité parce que c’est ce que les EnR savent produire maintenant. Puis un jour, l’Allemagne passera à 200 TWh puis 10 ans plus tard à 300 TWh ! Pour info, l’économie allemande tourne avec une consommation d’électricité d’environ 550 TWh et je les vois très mal vivre avec 2, 3, 4 ou 5 fois moins.… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

“La preuve dans le monde le charbon est soit stable soit en perte de vitesse partout… sauf en Chine” nous dit Chelya…avec à l’appui un lien qui va jusqu’en 2005 ou 2007. Pour la Chine il a raison, pour le reste je vous invite à consulter ce lien, notamment sur la partie Asie. Là ca commence en 2007…. Mais bon on est habitué, pour nous prouver les progrès gigantesques de l’allemagne (en termes de charbon et de CO2) il avait été capable de nous sortir un lien qui remontait avant la réunification….

Dan1
Invité

Je note l’excellente performance de l’antarctique. Pourtant c’est un grand continent !

Sicetaitsimple
Invité

Il est certain que s’il était possible ( malheureusement ça ne l’est pas les voisins raleraient), de faire une journée allemande ( allez, de WE pour commencer, même ne soyons pas trop durs avec une bonne prévision d’éolien) “renewables only”, ce serait interessant. Parce que: “La question n’a jamais été coment on fait pour produire 400 TWh mais quelle quantité d’énergie on peut produire de manière soutenable et comment on s’organise pour améliorer nos conditions de vie avec ça.”.

Pas naif
Invité

…aurait-il raison tout seul, à contrario de la masse des autres pays nucléarisés ou pas qui augmentent encore leur confiance dans le nucléaire? Les allemends ont déjà été tous seuls dans un passé pas si lointain..! En fait ce ne sont pas les allemands, mais une bande d’ex-brigades rouges auto-peinturlurés en vert qui ont pollué la pensée de jeunes et les entraînent dans un spirale sans sortie. Mais le reste de la population – au demeurant endore trop respectueuse de ses dirigeants – ouvrira les yeux bien plus vite qu’estimé, pour un retour à la normale.

Luis
Invité

¤ Voici une très bonne synthèse, illustrée de nombreux graphiques, de l’évolution de la production d’électricité en Allemagne sur une vingtaine d’années. Cela est conforme aux données des ministères allemands.

Sicetitsimple
Invité
OK, vous parliez de centrales, pas de MWh… ” Le principe du tarif d’achat consite à donner à tout le monde la possibilité d’accéder au réseau électrique et donc de retirer le monopole de la production aux groupes pollueurs pour laisser aux citoyens la possibilité de mettre ce qu’ils veulent et de garantir aux producteurs que les gros acteurs monopolistiques ne pourraient pas utiliser leur position dominante sur le marché pour manipuler les prix.” C’est touchant! Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil dans le monde des producteurs ENR…..(des particuliers, des coopératives agricoles, des développeurs… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

J’ai juste dit que c’était touchant, je n’ai pas nié le fait….. Vous ne nierez pas non plus que tous ces braves gens rentabilisent leur investissement sur la base d’une EEG surcharge de 53€/MWh payée par chaque consommateur individuel allemand (moins pour les PME, quasiment rien pour les grandes entreprises), et ceci quelque soit l’origine de la production de ce MWh ( nucléaire, fosile,renouvelable).

Sicetaitsimple
Invité

C’est bizare ce que vous dites. En tous cas tous les Allemands n’ont pas l’air d’être d’accord avec vous , y compris les industriels:

Sicetaitsimple
Invité
Je pense que vous n’avez pas vraiment lu le lien que j’avais proposé.Mettons…. Vous vouliez prouver quoi? Qu’aujourd’hui en Allemagne les gros consommateurs industriels bénéficient de conditions avantageuses sur leur facture d’électricité car ce sont les petits consommateurs qui subventionnent les reouvelables par l’EEG? C’est parfaitement exact. Que les gros chimistes francais sont très malheureux devant cet état de fait. c’est complètement faux. Ce sont les tous premiers, car ils sont acteurs de marché (ils ont le moyens d’acheter sur le marché de gros), à bénéficier des épisodes de prix très bas et par ailleurs ils ont des prix en… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

Le lien n’a pas suivi, il y en a bien sûr bien d’autres:

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