WWF : nouvel appel de Paris pour une Europe plus soutenable

Quarante ans après le sommet de Paris d’octobre 1972, qui fut l’acte fondateur de la législation européenne en matière d’environnement, le WWF appelle les gouvernements, la Commission européenne et les euro-parlementaires à renouer avec une Europe plus soutenable, idéal fédérateur et fondateur pour les peuples européens.

L’Europe est à un tournant selon l’ONG. D’une part, la négociation du budget européen pour la période 2014-2020 et d’autre part, l’élaboration de la feuille de route européenne d’Herman Van Rompuy[1] offrent une occasion historique d’ouvrir un nouveau cycle de civilisation sur notre vieux continent. "L’Europe a pensé et diffusé, à l’échelle du monde, des notions aussi fondamentales que l’Etat de droit, la démocratie et l’Etat providence."

Par des choix politiques ambitieux, l’Europe peut redéfinir un nouveau modèle de développement, un modèle plus soucieux des hommes et de la planète. Pour cela, il convient dès maintenant d’affronter les défis environnementaux, sociaux et économiques qui sont devant nous et d’anticiper la transition écologique de nos sociétés.

Transition écologique : un formidable projet de politique industrielle

Cette transition écologique est un levier prometteur de relance économique et donc de créations d’emplois.

Mais plus que tout, c’est un idéal qui peut redonner une pulsion optimisme au projet européen, à sa capacité à offrir un projet de société fédérateur parce que respectueux des hommes et de la planète.

Un projet qui reconjugue l’économie avec humanisme

Pour cela, nous appelons, les chefs d’Etats et de gouvernement européens, la Commission européenne et le Parlement européen à s’engager sur 10 principes cardinaux qui dessinent les contours d’une relance écologique, seule issue d’espoir face à la conjonction des crises que connaît notre continent.

1. L’internalisation des coûts environnementaux externes ;

2. Le développement d’indicateurs de bien-être environnemental et social au-delà du PIB. Ces indicateurs doivent être mis au cœur des processus de décision publics, y compris dans les programmes d’ajustement économique des Etats en difficulté tels la Grèce et le Portugal ;

3. Une claire réorientation du budget européen 2014-2020 en mettant fin aux subventions nuisibles à l’environnement et en les réallouant aux secteurs de l’économie verte, plus durables et plus créateurs d’emplois : eco-innovation, économies d’énergies et de ressources, énergies renouvelables, construction durable, transport décarboné, agriculture durable. Au moins 25% du prochain budget européen doit contribuer à financer la lutte et l’adaptation aux changements climatiques et 15% doit contribuer à la protection de la biodiversité et des ressources naturelles ;

4. Une profonde réorientation de la Politique Agricole Commune en renforçant le pilier du développement rural qui doit être consacré pour moitié à des pratiques agricoles plus durables, et en instaurant un verdissement substantiel des aides aux revenus du premier pilier, dernière chance pour les relégitimer.

5. La fin des subventions aux infrastructures de transport intensives en carbone comme le transport aérien et autoroutier, et le soutien aux modes de transport sobres en carbone comme les transports doux, les transports intelligents et les transports en commun ;

6. La fin des subventions aux énergies fossiles et leur réallocation vers l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables ;

7. L’augmentation du programme LIFE[2], salué pour son efficacité, à hauteur de 1% du prochain budget européen en particulier pour soutenir la biodiversité en Europe ;

8. Le renforcement et non l’affaiblissement des procédures d’évaluation environnementale, capitales sur le terrain pour améliorer l’efficacité des projets européens et réduire le risque d’accidents et d’impacts négatifs.

9. L’augmentation de l’effort climatique européen de 20 à 30% de réduction des émissions d’ici 2020 par rapport à 1990 et l’atteinte de l’objectif d’efficacité énergétique, ce qui renforcera en outre le système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS) ;

10. La mise en place la Taxe sur les Transactions Financières pour stabiliser partiellement le système financier et générer des ressources publiques additionnelles pour financer la transition écologique de nos sociétés.


[1] Herman Van Rompuy : Président du Conseil européen.

[2] Programme LIFE : Lancé en 1992, ce programme finance des projets qui contribuent au développement et à la mise en œuvre de la politique et du droit en matière d’environnement. Ce programme facilite notamment l’intégration des questions environnementales dans les autres politiques et, de façon plus générale, participe au développement durable.

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3 Commentaires sur "WWF : nouvel appel de Paris pour une Europe plus soutenable"

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edc10
Invité

l’image, avec les oiseaux, c’est une provocation ? ou une blague ?

Ambiel
Invité

Non juste la réalité, ça ne pose problème qu’à un nombre très limité d’espèces et dans des conditions climatiques et de localisation très particulières. En France les couloirs migratoires, la proximité avec le nichage, les aires de reproduction et de chasse des espèces sensibles sont interdites aux éoliennes par les DREAL et les études d’impact, et dans une certaines mesure par les différents schémas éoliens. L’impact est sans commune mesure avec les baies vitrées, les chasseurs, les chats, les véhicules et les lignes à haute tension.

Dan1
Invité

“6. La fin des subventions aux énergies fossiles et leur réallocation vers l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables” J’en connais qui ne vont pas être contents !

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