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Quel avenir pour le bio ?
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Article publié le 21/09/2010 à 11:03 par CaDerange
 
Une enquête d'une association rurale, modestement relayée par les médias, révèle que le bio coute cher, voire beaucoup plus cher puisque en moyenne la dite association a relevé 68 % de différence entre les prix des produits bio et ceux des produits conventionnels équivalents.

Et de donner quelques différences caractéristiques, sur les poires ou les tomates, ou les oeufs. La différence dans l'absolu en centimes d'euros n'est pas extraordinaire par exemple entre les oeufs standard à 0.99 les six ou les oeufs bio pondus par des poules en liberté à 1.66 euros et c'est ce qui fait que nous les achetons, mais à la fin du mois sur le budget achat ca fait quand même pour une famille moyenne une soixantaine d'euros qui sont pris sur le pouvoir d'achat familial. Au point qu'une vieille dame interviewée sur un marché rural commentait que c'étaient des produits pour les "riches", ces fameux riches auxquels nos journalistes dans l'air du temps semblent appartenir.

Il y a des raisons techniques à ces surcouts. C'est que les rendements des produits bio sont nettement inférieurs à ceux des produits élevés dans l'agriculture intensive actuelle. L'absence d'utilisation des engrais,pesticides,ou désherbants se traduit par davantage de travail manuel pour pallier à ce que le produit chimique ne fait plus et par des produits à l'apparence moins parfaite dont il faut éliminer les moins beaux produits. A quoi bon en effet transporter des pommes à l'aspect imparfait si ces défauts d'aspect les empêcheront de se vendre à des consommateurs habitués (trop) à des produits à l'apparence parfaite?

Il y a une raison " marketing" également à cette différence. Quand vous montez en gamme de produits, dans tous les produits et les pays du monde, vous répercutez la hausse du cout de production mais également vous prenez une marge plus importante. Parce qu'il y a moins d'offre et donc de concurrence à de ce niveau de gamme de produit et parce que l'acheteur est censé être moins regardant sur les prix car plus motivé à l'acheter ou plus à l'aise financièrement. C'est le mode de fonctionnement de l'économie de marché! Celui qui achète des oeufs bio pondus par des poules en liberté est également le client potentiel de Mercedes ou de BMW.

Effet pervers signalé dans cette enquête, les produits bio sont plus largement importés que les produits de l'agriculture conventionnelle. Parce que la production de produits bio en France a de la peine à suivre l'évolution de la demande d'abord. Manque de dynamisme ou peur de se lancer sur ces produits chez nos producteurs, peut être? Mais aussi parce l'apparition de ce nouveau marché a attiré l'intérêt de nombreux pays émergents qui arrivent à produire moins cher que les producteurs français. L'impact du cout de la main d'œuvre 100 fois moins couteuse qui vient compenser et au delà le coût du transport. Étonnant mais vrai. Sur les exemples de l'enquête auquel je fais référence, la différence entre produits bios et conventionnels aurait dépassé les 67 % si on avait pris en compte seulement les prix de certains produits bio "made in France" au lieu de celui de produits importés. C'est le cas de fruits en particulier.

Un choix d'autant plus pervers que l'importation de ces fruits et légumes du Chili, du Kénya ou des Caraibes se traduit par des émissions de CO2 importantes liées à leur transport.

Quelles conclusions tirer de ces constatations? C'est qu'en même temps qu'il y a une demande qui s'est crée pour ces produits pour de bonnes raisons, les produits bio ne sont pas aussi verts que l'on veut bien nous le faire croire.Et qu'il est donc nécessaire de donner au consommateur l'information sur les éléments écologiques de la production ou du transport du produit considéré. C'était parait il prévu dans le cadre du Grenelle de l'environnement. Sans doute attend on toujours les décrets d'application ! C'est pourtant urgent, si l'on veut répondre à l'attente légitime du consommateur, de faire en sorte qu'il achète vraiment un produit dont le cycle de production soit le moins nocif possible pour l'environnement sous tous les aspects possibles, y compris les émissions de CO2 associés.

Autre constatation, c'est que le produit bio ne pourra jamais être réellement compétitif sur le plan du prix du produit à la vente du fait de son handicap de rendement et de la moindre mécanisation de sa production. Il prendra sa place sur le marché mais ne dépassera pas les vingt/trente % (?) de ce marché pour cause de cout supérieur à la production classique ou de manque d'intérêt pour ces produits pour certains clients.

Reste que le principale question sur l'avenir des produits bio réside dans leur capacité à répondre à l'accroissement des besoins à l'horizon de 2050 quand nous serons 9 milliards d'êtres humains à nourrir sur la planète. Peut être le bio sera t il une bulle temporaire et limitée aux pays industrialisés jusqu'aux années 2035/2040 avant de décroitre à nouveau en faveur d'une agriculture ultra intensive pour nourrir la planète?

 
 
4 choix de vie possible:

- être riche en ville et consommer du bio si on en a envie,

- être pauvre en ville et bouffer des produits frelatés par manque de moyens,

- être riche à la campagne et bénéficier de bons produits cultivés sur place,

- être pauvre à la campagne et se nourrir correctement en cultivant soi-même ses produits.

On s'aperçoit bien que le problème c'est être pauvre en ville.

Le bio n'a effectivement aucune chance d'être dominant dans le circuit de consommation courant destiné à la population majoritaire: urbaine et peu fortunée.
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Une agriculture ultra-intensive signifie une agriculture ultra-mécanisée, c'est à dire ultra-gourmande en carburants.

Il est maintenant avéré que les stocks de pétroles seront épuisés d'ici 2020 environ (c'est demain, et la pente du prix sera raide!).

Pour l'instant le coût de l'énergie utilisée dans les moyens modernes de production (machineries, engrais...) n'est pas significative dans le coût des produits intensifs (l'énergie est quasi gratuite!). Quand le prix du baril aura explosé, le prix d'un kilo de légume suivra la même route. Le problème de l'approvisionnement en bio à l'extérieur sera également "réglé" car importer coûtera cher (toujours l'énergie).

Une solution durable est la production locale de produits biologique (l'agriculture industrielle est une minuscule parenthèse dans l'histoire de l'agriculture).

Certes, aujourd'hui la production "bio" française ne répond pas à la demande mais c'est la seule solution durable. Cette transition prendra du temps et de la volonté mais c'est la seule voie réaliste avec la pression énergétique croissante.
Pour assurer ce "retour à la terre", de la main d'?uvre va être nécessaire en grande quantité pour remplacer la mécanique énergivore et les amendements chimiques (issus également de la pétrochimie).

La vraie question étant de savoir de combien d'années nous disposons pour faire cette transition indispensable.

Il ne faut pas être myope, une crise majeure de l'énergie arrive, des solutions existent mais un changement de la société en profondeur est nécessaire.

Réf. "C'est maintenant!", jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean, Éditions du Seuil, janvier 2009.
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Le vrai problème du bio, c'est la surpopulation qui conditionne l'agriculture intensive indispensable pour nourrir l'excès de population !
Sinon il ne fait pas le moindre doute que l'agriculture bio, qui soit dit en passant est celle qui a nourri l'humanité depuis 20 000 ans est la seule viable à long terme. Car les labours profonds, les engrais chimiques, les pesticides et autres cochonicides épuisent les sols et à très court terme, les stérilisent.
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Effectivement, cette analyse est juste et complète bien mon avis sur l'avenir du bio à court terme. A long terme je ne vois d'autre alternative compte tenu de l'état d'avancement technologique actuel. Cependant, si on envisage une adoption massive de la décentralisation d'énergie par de la micro-production locale à base d'énergie renouvelable, plus des progrès de l'agro-ingénierie on peut tout de même imaginer amortir l'inévitable pénurie alimentaire qui sera créée par la fin du pétrole.
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c est vrai, il vaut mieux éviter d'acheter des pommes bio qui viennent du chili à cause du bilan co2, c est pourquoi je vais cueillir moi-même mes pommes maintenant à 3km de chez moi dans une "cueillette" et j'ai 15kg d excellentes pommes pour ....12Euros, j'ai également cueilli des fraises superbes et gouteuses à 4,5E le kg, du persil pour 10j à 0,98E, des tomates 6kg pour 5E et j ai passé un beau moment à marcher dans cette cueillette, bref j encourage chacun à se renseigner autour de chez lui pour découvrir la plus proche cueillette, les enfants adorent, vive lbio à côté de chez nous!!
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