Schistes bitumineux : La France n’est pas épargnée

Après s’être attaqué au lobbying du nucléaire, Greenpeace dénonce une nouvelle fois la production de pétrole à partir des schistes bitumineux contenus dans des couches épaisses d’argile et renfermant du pétrole dans ses pores.

"Comme les conditions d’écoulement sont très difficiles car la perméabilité est très faible, l’extraction et la production d’un tel pétrole nécessite d’énormes quantités d’énergie" précise l’ONG. En effet, il faut aller chercher cette substance brunatre à 2.500 m de profondeur en fissurant la roche dans laquelle elle est emprisonnée, en injectant de l’eau à très haute pression et des produits chimiques.

Dans tous les cas, Greenpeace estime comme "une aberration énergétique, climatique et environnementale, les schistes bitumineux". Tout comme les sables bitumineux, le coût de transformation en pétrole demeure très élevé. Aussi, les "pétroliers, opérateurs ou prospecteurs parient sur un prix du baril toujours plus élevé pour rentabiliser leurs investissements" ajoute t’elle.

La France n’est pas épargnée !

On en parle peu, mais la France pourrait également être concernée par ce genre d’opération à l’avenir. En effet, des schistes bitumineux sont présents en Ile de France, en Picardie et en Champagne-Ardenne. En décembre 2010, les réserves étaient évaluées, par le ministère de l’énergie à près de 65 milliards de barils.

"Si le gouvernement français donne son feu vert à toutes les demandes de permis d’exploration en cours à ce jour, ce sont plus de 65 000 km² qui pourraient faire l’objet de prospections, de schistes bitumineux et de gaz de schistes" indique Greenpeace dans un communiqué.

Là où il y a du pétrole, il y a aussi du gaz !

Outre les schistes bitumineux, des projets d’exploitation de gaz de schistes sont en cours. Les gaz de schiste sont au gaz ce que les sables et schistes bitumineux sont au pétrole. Ainsi pour extraire le gaz de la roche, de grandes quantités d’eau, de composants chimiques et de sable, doivent être injectées pour disloquer la roche et libérer ainsi le gaz. C’est la « fracturation hydraulique ». "En cas de fuite, ces produits chimiques peuvent s’infiltrer, notamment dans les nappes phréatiques souterraines" dénonce encore une fois l’ONG.

En France, on trouve des gaz de schistes notamment dans le sud-est de la France, où ceux-ci forment un grand V de Mende à Valence en passant par Montpellier. En décembre 2010, les réserves étaient évaluées, par le ministère de l’énergie, à près de 2.000 milliards de m3. Des permis ont été attribués à l’Américain Schuepbach Energy pour le permis de Nant (Hérault, Aveyron, Gard) et à Total pour celui de Montélimar (Drôme).

Parmi les acteurs des schistes bitumineux on trouve Vermilion, une entreprise canadienne déjà présente pour l’extraction de pétrole conventionnel dans le Bassin parisien, premier producteur de pétrole en France. On trouve également Toreador Resources Corporation et Hess Oil France.

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6 Commentaires sur "Schistes bitumineux : La France n’est pas épargnée"

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Pastilleverte
Invité

Tout cela est effectivement inquiétant , mais j’ignorais qu’il y eût des nappes phréatiques exploitées à – 2500 m, zone où, en France, l’on trouve les XX “bitumineux” d’après l’article. Autre inquiétude : horreur, la France aurait le potentiel d’être plus ou moins auto-suffisante en hydrocarbures, GP a raison de dénoncer ce (potentiel) crime contre l’humanité.

michel123
Invité

En effet l’exploitation de ces shistes , aussi bien l’extraction que le traitement ultèrieur de ces bitumes(pour les transformer en pétrole ) entraine une dépense et des gaspillages énergétiques considérables. Il il a dépense de 3 barils pour en extraire un seul. Tout ce co2 est bien entendu envoyé dans l’atmosphère qui sert donc une fois de plus de poubelle .

Politron
Invité

“Un développement du nucléaire durable (surgénérateurs) associé au renouvelable valable (éolien , geothermique solaire thermodynamique , biomasse énergie) serait beaucoup plus intelligent .” Si nos dirigeants étaient intelligents, ça se saurait ! A la place, on a des ânes qui courent lorsqu’une carotte en forme de lingot d’or leur pend au nez ! Il nous faudrait un Chavez ! (attention aux préjugés !)

indianagrenoble
Invité
Bonjour à tous Il devient urgnet de voir le documentaire d’une jeune Américain Josh Fox, qui caméra au poing, nous fait découvrir un monde où l’argent du pétrole et du gaz empoisonne délibérément les nappes phréatiques ! Vous pouvez télécharger ce documentaire ici : ” Les plus importantes recherches de gisements de gaz naturel sont en ce moment entreprises à travers tous les États-Unis. La société Halliburton a développé une technologie de forage, la fracturation hydraulique, qui va permettre aux États-Unis de devenir « l’Arabie Saoudite du gaz naturel ». Mais cette technique est-elle sans danger ? Lorsque le cinéaste… Lire plus »
Guydegif(91)
Invité
”…inquiétant , mais j’ignorais qu’il y eût des nappes phréatiques exploitées à – 2500 m,…” Non, pas ça en effet mais pour aller à – 2500 m il faut TRAVERSER des nappes phréatiques éventuellement présentes et si l’isolation / cimentation du tubage est mal fait, on risque de polluer celles-ci en passant par l’annulaire! J’ai vu faire ce genre de c…dans des régions de France où on fait des trous pour pomper de l’eau pour irriguer mais aussi pour injecter des liquides indésirables ou indésirés…On traverse la zone nappe phréatique avec le tubage et s’il y a communication par l’annulaire,… Lire plus »
Niche fiscale
Invité
En France il semble y avoir “une niche” fiscale oubliée… ! : Julien Balkany, le demi-frère du député UMP des Hauts-de-Seine Patrick Balkany, est le vice-président du conseil de Toreador, société exploitante. En raison d’une fiscalité avantageuse, cela lui rapporte autant que 10 000 barils sortis du sol du Venezuela ou de Russie ! Une étude publiée par le professeur Robert W. Howarth de l’Université Cornell en 2010 constate qu’une fois calculé l’impact des émissions fugitives de méthane dans le cycle de vie, les émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par les gaz de schiste sont plus… Lire plus »
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