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Les concentrations de CO2 sous l’oeil du satellite Envisat

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Grâce à un capteur embarqué, le satellite environnemental européen Envisat a fourni ses premières cartes révélant la distribution des émissions de CO2 d’origine anthropique en Europe.

A l’aide des données fournies par l’instrument SCIAMACHY, embarqué à bord du satellite, les scientifiques de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) ont pour la première fois observé les régions connaissant le niveau de concentration du dioxyde de carbone le plus élevé.

A partir de données relevées entre 2003 et 2005, le Dr Michael Buchwitz, de l’Institut de Physique Environnementale (IUP) de l’Université de Brême en Allemagne et ses collègues sont parvenus à capter un signal relativement faible indiquant une concentration élevée de dioxyde de carbone dans une région qui couvre les Pays-Bas et une partie de l’Allemagne, jusque Francfort.

Le capteur SCIAMACHY permet la détection de gaz de trace, d’ozone et de gaz connexes, ainsi que de nueages et de particules de poussières.

"Les flux naturels de CO2 entre l’atmosphère et la surface de la Terre sont généralement bien plus importants que les flux de CO2 découlant des émissions humaines, rendant la détection de signaux régionaux d’émissions anthropiques assez difficile" explique Buchwitz.

"Cela ne signifie pas, toutefois, que les flux d’origine anthropiques dont de moindre importance", prévient-il. "En fait, c’est le contraire qui est vrai, parce que les flux créés par la main de l’homme ne vont que dans une direction, alors que les flux naturels vont dans les deux sens, capturant le CO2 de l’atmosphère lors de la croissance des plantes, mais relâchant en partie ou en totalité celle-ci plus tard, lors de la pourriture des plantes. Cela provoque des concentrations de CO2 dans la première moitié de l’année, suivie d’un niveau de CO2 plus bas durant la seconde moitié, avec un niveau minimum autour d’août."

Buchwitz souligne qu’une analyse approfondie est encore nécessaire avant de pouvoir tirer des conclusions en termes quantitatifs des émissions de CO2.

"Nous avons vérifié que la configuration spatiale du CO2 que nous mesuront correspond bien avec les bases de données actuelles d’émission de CO2 et de densité de population, mais des études supplémentaires sont nécessaires avant de prononcer des conclusions quantitatives concernant les émissions de CO2."

Prévoir les niveaux futurs de présence de CO2 dans l’atmosphère nécessite une meilleure compréhension des flux de carbone.

D’importantes lacunes subsistent encore dans la connaissance des sources de CO2, telles que les incendies, l’activité volcanique et la respiration des organismes vivants et les puits naturels que sont la terre et les océans.

"Nous savons que près de la moitié des émissions de CO2 émis par l’humanité chaque année  est absorbée par les puits naturels de la terre et par les océans. En revanche, nous ne connaissons pas le lieu précis où se situent ces puits, et dans quelle mesure ils agissent sur le CO2 que nous émettons, c’est-à-dire quelle est leur puissance.’"

"Nous ne savons pas non plus comment ces puits vont répondre à l’évolution du climat. Il est même possible que certains puits vont être saturés et se transformer en sources de CO2 à l’avenir. Avec nos mesures satellitaires, nous espérons être en mesure de fournir des réponses à de telles questions, afin de faire des prévisions fiables" poursuit Buchwitz.

"Avec une meilleure compréhension de tous les paramètres intervenant dans le cycle du carbone, les scientifiques peuvent mieux prédire les changements climatiques et mieux surveiller l’application des traités internationaux visant à réduire les émissions de gaz à effets de serre, tels que le protocole de Kyoto."


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